Exposition de soligny la Trappe (61)

Cette exposition est conçue comme une méditation biblique en images. Elle illustre le temps de l'Avent.

Un livre est paru pour les enfants et leur famille, qui désirent se préparer à Noël.



Abbaye de La Trappe
F-61380 Soligny-La-Trappe
Tel : 02.33.84.17.00

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L’annonce à Marie (ou Annonciation)

L’ange parle à Marie : il est rentré chez elle, dans son espace intime, celui où elle est vraiment chez elle : il est rentré dans sa prière. C’est là où Marie grandit et se nourrit, comme une branche se nourrit à la sève du tronc. Ce cœur à cœur qu’elle a avec Dieu lui donne vie et joie. Son vêtement rouge en est le signe. Elle attend passionnément celui qui doit venir, elle souffre de voir le monde abîmé par le mal et toutes les violences qui en découlent. Elle aspire de toute son âme à ce que les hommes se souviennent de la douceur de Dieu, de sa délicatesse au jardin d’Eden. Elle désire qu’ils se laissent aimer par lui. L’ange, tout bruissant de souffle céleste, annonce la bonne nouvelle ; ses ailes forment une « bulle », comme dans les bandes dessinées : « C’est toi Marie, que Dieu a choisie. Si tu acceptes de porter celui que tous attendent et cherchent, l’humanité va changer, le jardin va s’ouvrir à nouveau, et les hommes pourront faire leur délice de se retrouver en Dieu. »

Luc 1, 26 à 38
« Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie.
L'ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
A cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L'ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin. »
Marie dit à l'ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? »
L'ange lui répondit : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'. Car rien n'est impossible à Dieu. »
Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »
Alors l'ange la quitta. »

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La vierge du signe

La vierge du signe

Cette représentation de Marie est une variation de l’icône que l’on nomme « Vierge du signe ». L'image s'inspire d'un passage du prophète Isaïe, chapitre7, verset 14 : « Le Seigneur lui-même vous donnera un signe : « Voici, la jeune fille est enceinte, elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom d'Emmanuel, c'est-à-dire : Dieu-avec-nous. » »
Ici, Marie est représentée derrière un grand livre ouvert, dont les pages convergent vers sa tête. Marie est totalement à l’écoute de la Parole de Dieu, elle la médite et l’accueille « corps et âme ». Cette Parole la façonne, la travaille, lui donne vie. Marie devient comme un jardin, elle désire tant la venue de l’Emmanuel pour le monde, qu’il prend corps en elle.
La sphère aux trois cercles lumineux en haut, représente la Trinité divine qui choisit Marie pour que le monde connaisse son Sauveur. Marie est toute drapée de lumière, toute vibrante de douceur ; cet amour de Dieu lui donne des ailes. Elle exprime sa joie de porter l’enfant avec un geste d’acceptation et de prière.

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L’annonce à Joseph

Seuls 2 évangiles parlent un peu de Joseph : L’évangile de Luc, et celui de Matthieu.
En les lisant, comment se représenter Joseph ? On peut imaginer qu’il est très amoureux de Marie. Et c’est normal, elle tellement douce, bienveillante... Ils devaient avoir de merveilleux projets ensembles. Et soudain, elle lui annonce qu’elle est enceinte ! Peut être lui a-t-elle expliqué que cet enfant vient de Dieu, mais comment pouvait-il comprendre ça ? Il a dû être brisé ! Le texte dit que Joseph est « juste », ça signifie « ajusté » à Dieu, le plus proche possible de lui. Dans le tableau, le livre ouvert indique qu’il se recueille et médite les paroles de la Bible, la petite lampe allumée, qu’il puise ses forces affaiblies par cette terrible épreuve dans la prière. La loi disait : une femme enceinte d’une autre personne que son mari est adultère, et donc condamnée à mort ; on lui jette des pierres jusqu’à ce qu’elle en meure. Mais Joseph l’aime : il doit penser que c’est bien cruel. Comment peut-on mettre à mort par amour ? Alors, très dignement, il choisit de se retirer. « Qu’elle ne soit plus ma femme, puisqu’elle attend déjà un enfant d’un autre. Qu’ai-je à lui apporter ? Je vais annuler notre alliance. » C’est la décision qu’il choisit : « Il décide de la répudier en secret ». C’est son honneur qui parle, mais son cœur saigne, car il l’aime toujours. Et Dieu qui connait le cœur des hommes lui envoie l’ange, son messager. L’ange est comme une réponse à la prière de Joseph. Avec délicatesse il effleure et apaise de ses mains Joseph endormi. Il lui chuchote : « écoute ton cœur », ses ailes dessinent l’avenir : « Prends donc celle que tu aimes avec toi, elle a besoin de toi, car sans toi la vie de Marie ne vaut pas cher…Aux yeux des gens c’est « une fille mère ! ». »
Une fois réveillé, Joseph va chercher Marie et habite avec elle. Il abrite et protège celui dont il cherchait le visage dans la Bible et la prière. Il lui donne un nom, un état civil et surtout tout son amour de père. La vie n’est pas comme ce qu’il imaginait, mais en acceptant cette « sacrée » surprise de Dieu, elle va dilater et dépasser de façon incroyable tous les projets d’avenir qu’il avait avec Marie. Tous deux se retrouvent « embarqués » dans cette aventure que leur propose Dieu. Tous deux sont solidaires et complémentaires pour aider Jésus à grandir. Le profond amour qu’ils portent à Dieu cimente leur relation et donne vie.

 


Matthieu Chapitre 1, 18 à 25

«Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ.
Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret.
Il avait formé ce projet, lorsque l'ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela arriva pour que s'accomplît la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la jeune fille concevra et elle mettra au monde un fils, auquel on donnera le nom d'Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».
Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse, mais il n'eut pas de rapports avec elle ; elle enfanta un fils, auquel il donna le nom de Jésus. »

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Élisabeth et Zacharie

Élisabeth et Zacharie sont mariés, mais ils n’ont pas d’enfant. Ils sont désormais âgés, et Élisabeth est surnommée « la stérile ». C’est une grande souffrance pour eux. N’ayant pas d’enfant à élever, Ils se sont complètement tournés vers Dieu et ont consacré leur vie à le servir : Zacharie est prêtre, et Élisabeth est descendante du prêtre Aaron, frère de Moïse. Cette attitude devant Dieu les a profondément transformés, et a consolidé leur amour. En lisant l’Évangile de Luc, on dirait que ce qui cimente ce couple, c’est Dieu. C’est ce que représente la lumière que porte Zacharie, elle les illumine et les uni.
Un jour que Zacharie officie au temple, L’ange Gabriel lui annonce qu’il va être papa d’un petit garçon. Ce fils, Jean, aura un rôle indispensable : préparer la venue imminente du Sauveur en sensibilisant le cœur des hommes.
Zacharie dans un premier temps doute, mais pas Élisabeth. Elle est tellement confiante en Dieu qu’elle sait qu’il n’y a pas d’âge pour être au service de la Vie. Dès la naissance de Jean, Élisabeth et Zacharie affirment fermement devant tous, la destinée spécifique de cet enfant donné par Dieu.
La venue de Jean comble de façon inimaginable le cœur de ces deux justes : « il sera prophète du très haut, il marchera devant la lumière». C’est ce que symbolise cette porte lumineuse qui rayonne de verdure ; une bonne nouvelle c’est comme une porte qui s’ouvre ! Jean est vêtu de lumière, le temps approche où il préparera le chemin du Christ en devenant Jean le Baptiste.

 

Luc 1, 5 à 26 (…) 57 à 79

«Il y avait, au temps d'Hérode le Grand, roi de Judée, un prêtre nommé Zacharie, du groupe d'Abia. Sa femme aussi était descendante d'Aaron ; elle s'appelait Élisabeth. Tous les deux vivaient comme des justes devant Dieu : ils suivaient tous les commandements et les préceptes du Seigneur d'une manière irréprochable. Ils n'avaient pas d'enfant, car Élisabeth était stérile, et tous deux étaient âgés. Or, tandis que Zacharie, au jour fixé pour les prêtres de son groupe, assurait le service du culte devant Dieu, il fut désigné par le sort, suivant l'usage liturgique, pour aller offrir l'encens dans le sanctuaire du Seigneur. Toute l'assemblée du peuple se tenait dehors en prière à l'heure de l'offrande de l'encens. L'ange du Seigneur lui apparut debout à droite de l'autel de l'encens. En le voyant, Zacharie fut bouleversé et saisi de crainte. L'ange lui dit : « Sois sans crainte, Zacharie, car ta supplication a été entendue : ta femme Élisabeth te donnera un fils, et tu le nommeras Jean.
Tu seras dans la joie et l'allégresse, beaucoup d'hommes se réjouiront de sa naissance,
car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira pas de vin ni de boissons fermentées, et il sera rempli de l'Esprit Saint dès avant sa naissance ; il fera revenir de nombreux fils d'Israël au Seigneur leur Dieu, il marchera devant le Seigneur, avec l'esprit et la puissance du prophète Élie, pour faire revenir le cœur des pères vers leurs enfants, convertir les rebelles à la sagesse des hommes droits, et préparer au Seigneur un peuple capable de l'accueillir. »
Mais Zacharie dit à l'ange : « Comment vais-je savoir que cela arrivera ? Moi, je suis un vieil homme, et ma femme aussi est âgée. » L'ange lui répondit : « Je suis Gabriel ; je me tiens en présence de Dieu, et j'ai été envoyé pour te parler et pour t'annoncer cette bonne nouvelle.
Mais voici que tu devras garder le silence, et tu ne pourras plus parler jusqu'au jour où cela se réalisera, parce que tu n'as pas cru à mes paroles : elles s'accompliront lorsque leur temps viendra. »
Le peuple attendait Zacharie et s'étonnait de voir qu'il restait si longtemps dans le sanctuaire.
Quand il sortit, il ne pouvait pas leur parler, et ils comprirent qu'il avait eu une vision dans le sanctuaire. Il leur faisait des signes, car il demeurait muet. Lorsqu'il eut achevé son temps de service au Temple, il repartit chez lui. Quelque temps plus tard, sa femme Élisabeth devint enceinte. Pendant cinq mois, elle garda le secret. Elle se disait : « Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi, lorsqu'il a daigné mettre fin à ce qui faisait ma honte aux yeux des hommes. »
(…)
Quand arriva le moment où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait prodigué sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle.
Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l'enfant. Ils voulaient le nommer Zacharie comme son père. Mais sa mère déclara : « Non, il s'appellera Jean. » On lui répondit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l'appeler.
Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Son nom est Jean. » Et tout le monde en fut étonné.
A l'instant même, sa bouche s'ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors les gens du voisinage, et dans toute la montagne de Judée on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient en étaient frappés et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.
Zacharie, son père, fut rempli de l'Esprit Saint et prononça ces paroles prophétiques :
« Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, parce qu'il a visité son peuple pour accomplir sa libération.
Dans la maison de David, son serviteur, il a fait se lever une force qui nous sauve.
C'est ce qu'il avait annoncé autrefois par la bouche de ses saints prophètes :
le salut qui nous délivre de nos adversaires, des mains de tous nos ennemis. Il a montré sa miséricorde envers nos pères, il s'est rappelé son Alliance sainte :
il avait juré à notre père Abraham qu'il nous arracherait aux mains de nos ennemis,
et nous donnerait de célébrer sans crainte notre culte devant lui, dans la piété et la justice,
tout au long de nos jours.
Et toi, petit enfant, on t'appellera prophète du Très-Haut, car tu marcheras devant le Seigneur
pour lui préparer le chemin, pour révéler à son peuple qu'il est sauvé, que ses péchés sont pardonnés.
Telle est la tendresse du cœur de notre Dieu ; grâce à elle, du haut des cieux, un astre est venu nous visiter ; il est apparu à ceux qui demeuraient dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, pour guider nos pas sur le chemin de la paix. »»

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Visite de Marie à Elisabeth, (ou Visitation)

Deux femmes s’élancent l’une vers l’autre. Toutes deux sont émerveillées, car elles portent chacune, d’une façon incroyable, une vie donnée par Dieu. Leur corps abrite la vie, alors que l’une est âgée, étiquetée comme « stérile » par la rumeur, et que l’autre est encore vierge. Ces vies, confiées à des corps impuissants, sont des vies exceptionnelles qui vont changer le cours du monde. Elisabeth prépare la venue du prophète, et Marie accueille le Sauveur.
Elles sont à l’aube d’un nouveau monde. Elles se réjouissent en une sorte de danse. Toute la terre participe à ce pas, les fleurs printanières annoncent la victoire de la Vie sur le mal et la mort. C’est déjà un peu Pâques !
La main d’Elisabeth désigne Marie « Heureuse es-tu, toi qui as cru en la Parole de Dieu »
Celle de Marie accueille l’hommage d’Elisabeth : « Le puissant fit pour moi des merveilles, Saint est son nom ! »
D’une même prière enthousiaste, elles lèvent leur main pour remercier le Seigneur.

 


Luc, chapitre 1, 39-56

«En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.

Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint, et s'écria d'une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?
Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi. Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.
Il s'est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !
Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de bien les affamés, renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race à jamais. »

Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s'en retourna chez elle.»

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La création

D’après le livre de la Genèse
Au centre du tableau, assis sur la « montagne », Dieu tient tendrement contre lui l’être humain, qu’il vient de façonner avec de la terre, (Adam veut dire « le terreux »). Dieu donne Vie à cet être d’argile en soufflant dans ses narines et sa bouche. Ce souffle c’est Dieu qui anime l’homme, Dieu sourit car il est vraiment fier de l’être l’humain. Il l’a créé à sa ressemblance, c’est le chef d’œuvre de toute la création : « Dieu vit tout ce qu'il avait fait : cela était très bon. » Quand l'humain s'éveille, il est encore un peu gourd. Il regarde Dieu, et son premier geste exprime sa reconnaissance et son émerveillement. Il est le partenaire de Dieu qui lui laisse le soin de nommer toutes créatures vivantes. L’humain n’est pas encore sexué, il est seul de son espèce. Alors, Dieu l’endort et le crée mâle et femelle. Ils sont semblables mais différents, ensembles pour se compléter, pour croiser leur voix, grandir l’un grâce à l’autre, et ainsi se rapprocher de Dieu.
Les deux arbres qui encadrent Dieu et l’humain évoquent l’arbre de la vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal situés au centre du paradis. Les quatre fleuves dont parle la Genèse irriguent le jardin.
Les animaux sont chacun à leur manière tournés vers Dieu. Les végétaux aussi lui rendent hommage. « Le loup habite avec l'agneau, la panthère se couche près du chevreau. » Isaïe 11. C’est la paix pour toutes créatures autour de Dieu. Pour l’homme aussi, quand il accepte de se laisser apprivoiser, façonner par Dieu. « Comme un cerf assoiffé cherche l'eau vive, ainsi mon âme te cherche, toi, mon Dieu. » psaume 42 : Dieu ne s’impose pas, il se laisse trouver, mais il faut être attentif, en recherche.
Depuis Noé, l’arc en ciel est le signe de l’alliance de Dieu avec l’humanité. C’est une alliance d’amour. Elle est solide, indestructible, et quand chaque être humain s’en souvient, il retrouve le chemin du « paradis ». Les anges du « ciel » et les créatures de la « terre » se rejoignent en un seul chœur priant le Seigneur. L'étoile annonce celle qui guidera les Mages jusqu'à Jésus.
Le serpent à la langue fourchu, au langage piégé, se faufile, mais la croix lumineuse, esquissée par la traine de l’étoile et le vol des oiseaux blancs, unit tous les éléments de la création.


Livre de la Genèse (chapitre1, 24-27)

«Et Dieu dit : « Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, bestiaux, bestioles et bêtes sauvages selon leur espèce. » Et ce fut ainsi. Dieu fit les bêtes sauvages selon leur espèce, les bestiaux selon leur espèce, et toutes les bestioles de la terre selon leur espèce. Et Dieu vit que cela était bon.
Dieu dit : « Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance. Qu'il soit le maître des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, des bestiaux, de toutes les bêtes sauvages, et de toutes les bestioles qui vont et viennent sur la terre. »
Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme.»

Livre de la Genèse (chapitre 2, 4-25)

«Le jour où le Seigneur fit la terre et le ciel, aucun buisson n'était encore sur la terre, aucune herbe n'avait poussé, parce que le Seigneur Dieu n'avait pas encore fait pleuvoir, et il n'y avait pas d'homme pour travailler le sol. Mais de l'eau sortait de terre et imbibait tout le sol.
Alors le Seigneur Dieu modela l'homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l'homme devint un être vivant.
Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l'orient, et y plaça l'homme qu'il avait modelé.
Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toute sorte d'arbres à l'aspect attirant et aux fruits savoureux ; il y avait aussi l'arbre de vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal.
Le Seigneur Dieu prit l'homme et le conduisit dans le jardin de l'Éden pour qu'il le travaille et le garde.
Le Seigneur Dieu fit à l'homme cette interdiction : « Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin ; mais quant à l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n'en mangeras pas ; car, le jour où tu en mangeras, tu seras condamné à mourir. »
Le Seigneur Dieu dit : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra. »
Avec de la terre, le Seigneur Dieu façonna toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les amena vers l'homme pour voir quels noms il leur donnerait. C'étaient des êtres vivants, et l'homme donna un nom à chacun. L'homme donna donc leurs noms à tous les animaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes des champs. Mais il ne trouva aucune aide qui lui corresponde.
Alors le Seigneur Dieu fit tomber sur lui un sommeil mystérieux, et l'homme s'endormit.
Le Seigneur Dieu prit de la chair dans son côté, puis il le referma. Avec ce qu'il avait pris à l'homme, il forma une femme et il l'amena vers l'homme.
L'homme dit alors :
« Cette fois-ci, voilà l’os de mes os et la chair de ma chair ! On l’appellera : femme. »
A cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un. »

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Noël

La nuée tourbillonnante « au plus haut des cieux », est toute pleine de l’énergie créatrice et du Souffle de Dieu. Elle n’est que mouvement, communication : par les anges d’un côté, tournés vers les bergers ou par l’étoile de l’autre, illuminant les mages, elle dit la proximité de Dieu. Elle désigne tout en bas, en une bénédiction de brise légère, Jésus, Dieu sauveur et bébé si fragile, à la portée de tous les cœurs simples.
Les anges comme l’étoile apparaissent dans les couleurs de l’arc en ciel. Elles rappellent l’alliance passée entre Dieu et l’humanité ; dans cette alliance chaque être humain se retrouve en Dieu pour sa plus grande joie. Les anges comme l’étoile se trouvent à la frontière entre la terre et le ciel, ils orientent le regard des bergers et des mages vers Dieu, et leurs annoncent que le Dieu de l’alliance est tout proche. « Ne cherchez pas dans le désert, ne cherchez pas à Jérusalem, Aujourd’hui Dieu est avec nous, c’est un petit enfant. »
Marie et Joseph sont tous deux dans la joie avec et grâce à Jésus. Leurs mains droites indiquent leur propre façon de répondre à sa venue : Marie accueille la vie, Joseph protège la vie. Leurs mains gauches expriment d’un même élan, une même gratitude.
Jésus est emmailloté et couché dans la mangeoire. Il est la nourriture du petit troupeau qui a reconnu son maître, qui arrive sans crainte. Il est la source d’eau vive. Les palmiers l’encadrent, formant un temple de verdure. L’âne et le bœuf, les bergers et les mages, le blé et la vigne lui rendent hommage. Ils sont les images de ceux qui ont reconnu Jésus, comme Celui qui vient rendre sa dignité et sa raison d’être à chacun.


Luc chapitre 2, 1-20
«En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre — ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. — Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine.
Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David. Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu'ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L'ange du Seigneur s'approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d'une grande crainte, mais l'ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. »
Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu'à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, et que le Seigneur nous a fait connaître. » Ils se hâtèrent d'y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après l'avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tout le monde s'étonnait de ce que racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.»

Matthieu chapitre 2, 1-12
«Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut pris d'inquiétude, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d'Israël, pour leur demander en quel lieu devait naître le Messie. Ils lui répondirent :
« A Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem en Judée, tu n'es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée ; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d'Israël mon peuple. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l'étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l'enfant. Et quand vous l'aurez trouvé, avertissez-moi pour que j'aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Sur ces paroles du roi, ils partirent. Et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s'arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l'enfant.
Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande joie. En entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe.
Mais ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.»

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Le chant de la création

Ici Jésus est au centre de la Création ; il en est le centre de gravité. Sa présence oriente chaque créature : qu’elle soit minérale, végétale, animale, humaine ou céleste, elle se tourne vers lui. Chacun trouve sa place dans ce cercle d’admiration. C’est le lieu de la rencontre, où chaque vivant peut, aux côtés des autres, communiquer intimement et à sa façon avec celui qui est la Vie.

 

Livre de Daniel chapitre 3, 57-87

«Vous toutes, les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur !
Vous tous, les anges du Seigneur, bénissez le Seigneur !
Et vous, les cieux du Seigneur, bénissez le Seigneur !
Et vous, les eaux par-dessus le ciel, bénissez le Seigneur !
Vous toutes, puissances du Seigneur, bénissez le Seigneur !
Vous, le soleil et la lune, bénissez le Seigneur !
Et vous, les astres du ciel, bénissez le Seigneur !
Vous toutes, pluies et rosées, bénissez le Seigneur !
Vous tous, souffles et vents, bénissez le Seigneur !
Et vous, le feu et la chaleur, bénissez le Seigneur !
Et vous, la froidure et l'ardeur, bénissez le Seigneur !
Vous, rosées et giboulées, bénissez le Seigneur !
Et vous, le gel et la froidure, bénissez le Seigneur !
Et vous, glaces et neiges, bénissez le Seigneur !
Et vous, les nuits et les jours, bénissez le Seigneur !
Et vous, la lumière et les ténèbres, bénissez le Seigneur !
Et vous, éclairs et nuées, bénissez le Seigneur !
Que la terre bénisse le Seigneur : A lui, haute gloire, louange éternelle !
Vous, montagnes et collines, bénissez le Seigneur !
Et vous, les plantes de la terre, bénissez le Seigneur !
Et vous, sources et fontaines, bénissez le Seigneur !
Et vous, mers et rivières, bénissez le Seigneur !
Et vous, baleines et poissons, bénissez le Seigneur !
Vous tous, les oiseaux dans le ciel, bénissez le Seigneur !
Vous tous, bêtes et bestiaux, bénissez le Seigneur !
Vous, les enfants des hommes, bénissez le Seigneur !
Peuple d'Israël, bénissez le Seigneur !
Et vous, les prêtres du Seigneur, bénissez le Seigneur !
Et vous, serviteurs du Seigneur, bénissez le Seigneur !
Esprits et âmes des justes, bénissez le Seigneur !
Saints et humbles de cœur, bénissez le Seigneur !»


Isaïe chapitre 55, verset 12
«Oui, vous partirez dans la joie et vous serez ramenés dans la paix. Les montagnes et les collines pousseront devant vous des cris de joie, et tous les arbres de la campagne battront des mains.»

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Le massacre des enfants, l’exil en Egypte

Le roi Hérode a appris par les mages venus de loin que « le roi des juifs vient de naître ». Inquiet et jaloux et il les envoie se renseigner sur l’enfant. Quand les mages lui donneront des indications précises, il le fera tuer. Les mages vont près de Jésus, cette rencontre les change en profondeur. Puis, ils sont avertis en songe de ne pas retourner voir Hérode. Hérode est furieux, la colère lui « prend la tête », il perd tout visage humain. Il veut tuer tous les enfants de moins de 2 ans. Sa violence est armée ; ceux qui frappent perdent également leur dignité d’être humain, ils deviennent des bras, des machines. Les femmes et les enfants savourent la vie en dansant. Personne ne voit venir la mort en marche, sauf un homme qui en a l’intuition, et l’ange qui réconforte du bout de l’aile, ces vies bientôt broyées.
L’ange sait le drame qui se prépare. Il prévient Joseph, en songe : « Debout ! Pars maintenant avec Jésus et Marie, vas à l’étranger, en Egypte. ». Ses ailes indiquent la route à suivre. Elles ont une ondulation de louange, au dessus de Jésus. Soutenue par Joseph, Marie, traversant le désert et émigrant vers l’inconnu, abrite Jésus la Parole de Dieu. Elle est l’arche d’Alliance.
Alors qu’Hérode n’écoute que sa colère, et se consacre à la mort. Joseph écoute l’ange et sa douceur. Le chemin que lui indique l’ange peut lui faire peur : fuir un roi ivre de sang, affronter le désert, connaître l’exil, la condition d’émigré…Mais Joseph fait confiance à Dieu, il se met au service de la Vie, et chemine en paix, comme le soulignent les étoiles et le rayon vert à l’horizon.



Matthieu 2, 13-16
«Après le départ des mages, l'ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l'enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu'à ce que je t'avertisse, car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr. » Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l'enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu'à la mort d'Hérode. Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète : D'Égypte, j'ai appelé mon fils.

Alors Hérode, voyant que les mages l'avaient trompé, entra dans une violente fureur. Il envoya tuer tous les enfants de moins de deux ans à Bethléem et dans toute la région, d'après la date qu'il s'était fait préciser par les mages.»

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Marie et l'enfant Jésus

Marie porte Jésus sur les genoux. Son geste des mains exprime sa prière, comme pour le « Notre Père ». Il signifie aussi qu’elle présente Jésus et l’offre au monde. Chez elle, aucun signe de possession, elle accueille et honore profondément la Parole vivante. Elle est tranquille, souriante : « Le seigneur est mon berger, je ne manque de rien ! » psaume 23
Jésus est vêtu de blanc, cette couleur annonce sa Résurrection : le triomphe total de la Vie. Il a un livre ouvert : qu’on soit de Normandie ou d’Israël pour celui qui scrute les écritures de toutes ses oreilles : « Aujourd’hui cette écriture est accomplie pour vous qui l’entendez. » Luc 4, 21

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Les écoutants

Voici 3 têtes en terre cuite. Ce sont des « écoutants ». Oreilles déployées, ils sont attentifs :
« Tendez l’oreille, venez vers moi !
Ecoutez et vous vivrez ! » Isaïe 55, 3

Toute la Bible insiste sur l’écoute, l’attention, la qualité du regard.
Pour se laisser approcher par Dieu, il est nécessaire de le laisser habiter notre maison. Dieu n’est pas loin, il est tout proche, dans notre intime :

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orange

 « Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » Matthieu 6:6

Cette conversation avec Dieu, cette attention à la façon dont se déroule notre vie, permet d’être plus réceptif, à Dieu, à soi même, et aux autres.
« Je bénis le Seigneur qui me conseille…
Je place constamment le Seigneur devant mes yeux…
Tu me fais connaître le chemin de vie » Psaume 15

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noir

 Le regard intérieur est affuté, les aveuglements dus aux automatismes, aux à priori, aux peurs…tombent :
« Jésus dit alors (à propos de l’aveugle de naissance qu’il avait guéri) : « Je suis venu en ce monde pour une remise en question : pour que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. » » Jean 9, 39

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bleu

Cette crèche est une méditation de la parabole du semeur (Matthieu 13, 1 à 23). Dans ce texte, plus de 9 fois, Jésus parle de l'écoute. Les personnages de la crèche, qui viennent devant l'enfant Jésus, ont les oreilles bien déployées, ils sont à l'écoute de l'enfant Jésus « Verbe » de Dieu. Cette crèche est avant tout liturgique. Les santons représentent les écoutants de toutes les époques : Joseph d'une main écoute le message de l'ange, et de l'autre accepte et accueille Jésus dans sa maison. Marie les deux mains tendues vers Jésus, geste de prière mais aussi de disponibilité. Des étrangers « chercheurs de Dieu » : les mages, des bergers, des enfants, des adultes de toutes époques...tous ces santons représentent l'humanité s'avançant vers l'Emmanuel. Ils nous représentent.

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